Et la Perse me fut contée....voyages
Journal de mes voyages en Iran au sein de ma "famille iranienne". Pour Now Rouz, le nouvel an persan et pour le mariage


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La grande Perse

Premier email du 21 Mars 2006

La grande Perse

Un grand Salâm à tous depuis la grande Perse. Ici, les parfums d`Orient, comme la rose, la fleur d`oranger, le safran, la cardamome vous prennent en entier et on est envoûté. Ajoutez 4000 ans d`histoire qui vous contemplent depuis les ruines de Persépolis et les tombeaux creusés et sculptés dans la montagne des grands rois Achéménides comme Darius et Xerxès et vous verrez que le port d`un foulard et d`un vêtement un peu long sont dérisoires devant tant de hauteur.Tout comme le port du tchador pour aller visiter le mausolée de shah Cheragh à Chiraz, d`une splendeur inouïe où la ferveur des femmes vous émeut jusqu'aux larmes.

Et puis le mausolée de Hafez, fabuleux poète persan qui a laissé dans sa ville l`amour de la poésie et de la musique qui courent dans les rues. Dans le jardin où flotte son esprit, on a mangé des vermicelles de riz à la rose en fumant au narguilé du tabac égyptien à la pomme- un délice-le tout confortablement allongés sur des divans moelleux.

Retour à Téhéran où nous préparons Now Rouz, le nouvel an persan en famille. C`est magique, je vous conterai plus une autre fois, on doit partir au Bazar finir nos achats.

Bises à la rose et à la pistache à vous tous


Marie-Claude la zoroastrienne


 

2ème email du 27 Mars 2006

Salâm à tous, une autre partie de mon voyage vers une ville légendaire où je n`ai pu photographier Shéhérazade, mais d`autres merveilles encore.....Ceci n`est qu`une partie de la magie.

La route d`Ispahan

Notre séjour à Téhéran nous a permis de sacrifier au rite de la nouvelle année et nous avons été gavés de douceurs, pistaches, fruits secs et frais arrosés de thé, avant de goûter par politesse au minimum syndical de 3 plats ainsi que l`usage le requiert. Nous avons eu le temps, malgré tout de visiter les palais des Shah Pahlavi père et fils ainsi que le mausolée de Khomeiny....


Et puis au cinquième jour de la nouvelle année nous avons pris la route d`Ispahan. Nous avons parcouru une partie du désert iranien sur lequel la grande route s`insinue, hérissée ça et là de montagnes pelées aux couleurs de pierres volcaniques ; elle est bordée de caravansérails en ruines, et éclairée par endroits de petites oasis qui constituent les villages et les villes, rares mais surprenants avec leurs mosquées fièrement dressées, et quelques mausolées fichés sur des pitons rocheux.

Et nous voici à Ispahan, perle de l`Orient, haut lieu de culture et d`érudition. Ville mythique et magique et pas seulement pour moi, elle fut, dans son histoire, l`objet de nombreuses convoitises et dut son essor à un souverain safavide (persan) avant de retomber aux mains des afghans. Actuellement y vivent diverses communautés représentées au Parlement: Arméniens, Juifs, Zoroastriens, Turckmènes Turcs Azéris, et j`en oublie.


La place Royale est impressionnante, bien plus immense que toutes les grandes places européennes. Face au Palais Royal, la Mosquée Royale dont le dôme, couleur turquoise répond au dôme de la mosquée du Vendredi de la même couleur. L`intérieur est stupéfiant de beauté et d`ingéniosité mais on ne s`y sent pas écrasé. Peut-être à cause des bleus des mosaïques, apaisants et qui rappellent la turquoise iranienne et le lapis lazuli du Pakistan voisin.....Le raffinement de l`ensemble me fait sentir toute petite, mais on se sent aussi faire partie de l`ensemble. Je suis fascinée par le travail des artisans dans le bazar attenant, ils cisèlent l`argent comme personne, d`autres réalisent la fameuse marqueterie, d`autres encore, impriment les tissus. Peu de touristes, donc je ne passe pas inaperçue, d`autant que mon foulard tient mal sur mes cheveux courts et que la couleur de mes yeux n`est guère locale....non plus. Les visiteurs sont quasiment tous iraniens et je suis étonnée de leur intérêt pour leur culture, d`autant qu`ici les tableaux ornant les murs représentent des personnages ayant souvent des attitudes très sensuelles, que ce soient des couples ou des personnages seuls.... Mais il est vrai que le chiisme n`interdit pas la représentation des humains...


 

Dans cette foule bigarrée où le noir ne domine pas, j`ai pris un bain d`Orient, de plaisir de vivre l`instant, la poésie, la musique, la danse sont très présents, et l`étrangère que je suis, est chouchoutée de façon presque gênante.La douceur orientale n`est pas une légende et nous nous sommes abandonnés à la dégustation des fameux "gaz" nougats iraniens à la pistache, et le narguilé au tabac égyptien a accompagné le thé....

Me voici à nouveau Téhéran et quelques visites somptueuses m`attendent avant le retour.....

Bises à tous à la rose, à la pistache et au tabac égyptien à la pomme.

Marie-Claude

 

"Entre la foi et l`incrédulité, un souffle,

Entre la certitude et le doute, un souffle

Sois joyeux dans ce souffle présent

Car la vie elle-même est dans le souffle qui passe"

Omar Khayyam, grand poète, astronome et mathématicien persan

 

3ème e.mail au retour

Retour

Et comme toujours, il faut bien rentrer au bercail. Le décollage du vol Iran Air fut sans problème, j'ai pu admirer dans le soleil levant les montagnes aux cimes enneigées encerclant Téhéran et, trônant en majesté parmi elles, le mont Damavand, 5604 mètres ; mais il est vrai que Téhéran est déjà à 1000 mètres d'altitude.... Et dans l'ambiance feutrée de la cabine, je peux laisser venir à moi les évocations ; il est certain que je me suis abandonnée précédemment volontairement à la magie de ces lieux mythiques et magiques qui font partie des fondements de nôtre culture pourtant si occidentale !

Mais j'emporte aussi avec moi les émotions douloureuses d'un pays qui ignore, encore comme tant d'autres dans le monde, la Solidarité Sociale.

Je revois ce handicapé moteur prenant place au feu rouge d'un carrefour, depuis vingt ans parait-il, et qui refuse la mendicité et propose des paquets de cigarettes qu'on lui paie au bon vouloir.... Nous sommes loin des campagnes anti-tabac à l'occidentale !!!

L'image aussi de ce bébé, une petite fille, sur les genoux de sa mère assise sur le tapis du splendide mausolée de Chiraz, dont la tête, minuscule montrait une grave malformation et il est certain que dans ce pays, riche de son pétrole, aucune possibilité de soin pour les pauvres....Il ne reste donc que la foi et la prière et c'est cette ferveur des femmes dans ce lieu saint qui a mouillé mes yeux tout comme les yeux larmoyants de ces femmes avec lesquelles le langage était inutile pour partager et pour espérer. Ce bébé ne guérira pas malgré les prières de sa grand'mère et aucune aide ne sera proposée à ces deux femmes.

 

Pendant ce temps, la Fondation des Déshérités, créée par Khomeiny sous la Révolution est devenue une Multinationale à la tête de chaînes hôtelières et autres bagatelles....Et les Mollahs se font construire des hôtels particuliers auprès desquels le palais du dernier shah Pahlavi, pourtant accusé de grosse fortune en son temps, n'apparaît que comme une grosse maison bourgeoise chez nous. Cela laisse perplexe......

Je n'ai pas oublié non plus les Derviches aux costumes surprenants ; ils vivent dans la simplicité, la lecture et la méditation de leurs grands maîtres, Hafez et Saadi. Et ces chauffeurs de taxi ne roulant pas sur l'or (et nous non plus, dans ces véhicules plutôt usagés) mais capables de nous parler avec passion de leur ville prestigieuse en déclamant des vers !!!!

J'emporte avec moi tous ces souvenirs et tous ces partages, et ce qui n'a pu se dire, aussi, entre l'espoir et le désespoir d'un peuple riche de ces millénaires passés ; chacun semble partagé entre l'expression de la foi et l'aléatoire d'une Révolution qui a échoué. Un peuple qui a essayé de croire en l'avenir et qui ne sait pas comment va sortir de l'impasse son pays si vaste, nanti d' un président à la pointure si petite qu'il ne parait pas vraiment à l'aise dans ses baskets de « chef d'une République Islamique ».

Nous sommes loin des Mille et Une Nuits, pourtant, ça reste féerique, la Perse, je persiste et je signe.

Marie-Claude, retour d'un voyage en Iran

 





"Pourquoi chanter
  Si ce n'est que toute ivresse est sans défaut ni défaillance
  Chanter pour s'étonner d'être vivant
  Chanter pour s'intriguer de vivre
  Et porter la corruption dans les légendes de la mort."

      
                   D'après Omar Khayyam


 

 

 

 

 


Publié le 7/08/2008 à 06:46,
Mots clefs : Chiraznow rouzdervichesKhayyamPersépolisPerseispahan

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